Gestion intégrée des zones côtières du Sénégal: étude approfondie et actions pratiques de lutte et d’adaptation au changement climatique

Les côtes du Sénégal sont touchées par une série de problèmes environnementaux, notamment l'érosion côtière, les inondations côtières, la salinisation des sols et de l'eau, la dégradation des mangroves et la réduction des stocks de pêche. L'érosion côtière, en particulier, a été reconnue comme l'un des quatre risques naturels majeurs qui affectent le Sénégal, et la vulnérabilité de la zone côtière a été identifiée comme un domaine d'intervention dans le cadre du Programme d'action national d'adaptation (PANA). Dans les zones les plus touchées, le littoral recule à raison de deux mètres par an en moyenne. Bien que ce phénomène ait en partie des causes humaines (par ex. l'extraction de sable des plages ou le développement côtier), ainsi que des causes naturelles (par ex. la fragilité des sols côtiers), on s’attend à ce que les effets soient exacerbés par le changement climatique. Compte tenu de la grande importance démographique et économique des zones côtières, une réponse globale et efficace intégrant l'adaptation au changement climatique s'impose.

Jeter les bases d’une bonne gestion des zones côtières

Objectif général:

Contribuer à l’adaptation au changement climatique dans les zones côtières du Sénégal.

Objectif spécifique:

Jeter les bases d’un plan de gestion intégrée des zones côtières (GIZC) pour lutter efficacement contre l’érosion côtière, en association avec des mesures concrètes de protection du littoral.

Principaux résultats attendus et activités: 

Les bases pour un plan de GIZC sont en place.

Ceci nécessite le développement d’un outil de type « système d’information géographique » (SIG) de suivi du littoral, d’aide à la planification et d’alerte ; ainsi que le renforcement du cadre institutionnel et législatif en vue de la mise en œuvre d’un plan de GIZC. Ceci implique notamment d’identifier et de sensibiliser les acteurs qui seront impliqués dans le développement des plans de GIZC nationaux et zonaux ; de réaliser une évaluation de toutes les dispositions législatives pertinentes pour la gestion du littoral ; d’inventorier toutes les initiatives d’aménagement actuellement en cours dans les zones côtières ; et de promouvoir la mise sur pied d’un dispositif institutionnel de concertation et de GIZC, aux niveaux national et local.

L’AMCC fournit également un appui :

  • Au développement d’un plan de GIZC, en concertation avec les divers acteurs, couvrant l’ensemble du littoral, et plus détaillé (plans zonaux de GIZC) pour quatre zones-cibles : le Cap Vert et l’île de Gorée ; la « petite côte » (de Somone à Nianing); l’île de Diogué (Basse-Casamance); et la région de Saint-Louis (de Gokh Mbathie à la limite de la Langue de Barbarie).
  • À la conception et à la mise en œuvre de mesures de protection des côtes dans des zones menacées par l’érosion côtière (par le biais d’études et d’assistance technique à court terme).
  • À la récolte de données-clés actuellement manquantes sur l’hydrodynamique côtière, et leur intégration dans la base de données des zones côtières.

Des mesures concrètes de protection du littoral et/ou d’adaptation dans les zones côtières sont mises en œuvre pour répondre aux priorités identifiées dans le cadre de l'adaptation au changement climatique.

Les activités retenues comprennent l’aménagement et l’assainissement  du site de débarquement et de transformation de poisson à Bargny (Dakar) ; l’aménagement du canal de drainage de Bargny et son assainissement ; la restauration d’écosystèmes lacustres offrant une protection contre l’érosion du littoral; la mise en place de dispositifs de freinage de l’érosion face à la brèche de Saint-Louis, à hauteur des villages de Doun Baba Dieye et Pilote Barre ; la restauration de bandes de filaos pour renforcer les dunes littorales, qui constituent des barrières naturelles à l’érosion ; la production de plants en appui à la restauration des écosystèmes côtiers ; la mise en place de mécanismes de concertation et d’intercommunalité pour la GIZC, et un appui à leur démarrage ; la mise en place d’un système de collecte des déchets de la pêche et de la transformation du poisson ; la mise en place d’un système de surveillance des plages ; la sensibilisation des acteurs à la GIZC et à la protection des zones côtières ; ainsi que la formation et le renforcement des capacités des acteurs autour de divers thèmes liés à la GIZC.

Principales réalisations à ce jour: 
Dans le cadre de la composante institutionnelle du projet:
  • Une base de données SIG sur les zones côtières a été créée et des mises à jour périodiques sont réalisées pour continuer à l’alimenter.
  • Certaines données manquantes ont été collectées et introduites dans le SIG.
  • Une étude technique relative à la mise en place d’un mécanisme de suivi et d'alerte sur la vulnérabilité côtière est en cours.
  • Une étude portant sur le cadre juridique et institutionnel et en particulier sur la compréhension et l'application des législations en vigueur, a été réalisée.
  • La définition de mécanismes de concertation au niveau local est en cours. Les acteurs locaux ont été sensibilisés lors d’ateliers locaux de planification organisés sur les sites pilotes (Saint-Louis, Dakar, Mbour et Diogué).
  • L’élaboration d’un plan national de GIZC, ainsi que de plans locaux de GIZC pour les quatre zones ciblées.
  • Au moins 276 ha de filaos et 260 ha de mangroves ont été plantés, dans les zones de Petite Côte, Saint Louis et Casamance.
  • Concernant les activités relatives à la gestion de l’environnement côtier, une étude sur la filière des déchets de poisson a été validée en Juillet 2015.
  • A la demande du MEDD une étude technique détaillée de la pose de géo-tubes dans le Gandiolais a été réalisée en juillet 2015, puis validée en septembre 2015. Une étude d'impact environnemental a également été réalisée et validée en septembre 2015. 
  • Le SIG, qui se trouvait au Centre de Suivi Ecologique, a été transféré à la DEEC (Direction de l’Environnement et des Établissements Classés).
Enseignements tirés: 
  • Pour les programmes impliquant des activités dans des domaines très spécifiques et hautement techniques tels que la gestion côtière, il est utile et nécessaire de mettre à la disposition des projets une expertise spécialisée pour appuyer la rédaction des termes de référence, l’analyse des offres techniques, ainsi que le suivi du déroulement du projet.
  • Il aurait été utile d’inclure dans le programme une composante de renforcement des capacités.
  • La coordination institutionnelle des activités en zone côtière doit s’effectuer à un niveau transversal, qui soit notamment apte à gérer les questions d'aménagement du territoire.
  • Le lien avec le Comité national sur les changements climatiques est encore assez ténu et devrait être renforcé. Une meilleure coordination et un meilleur alignement des agendas relatifs à la protection du littoral et au changement climatique pourraient favoriser une évolution vers une réponse plus intégrée, moins centrée sur les infrastructures, à la problématique de l’érosion côtière. Un pilotage plus stratégique serait nécessaire.
Actions à venir: 

Les activités du projet sont terminées depuis septembre 2015.

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