Alliance mondiale contre le changement climatique au Myanmar

Le changement climatique représente un défi majeur pour le Myanmar, qui observe déjà des variations climatiques importantes (la pluviométrie notamment). Le Myanmar est fort exposé aux événements extrêmes (dont des cyclones destructeurs) et devrait selon les prévisions connaître une augmentation des températures, des pluies plus intenses, mais aussi de plus longues périodes de sécheresse au cours des décennies à venir.

Les impacts potentiels du changement climatique et le manque actuel de préparation requièrent une attention importante. Le Myanmar est activement engagé dans un processus de réforme qui offre de opportunités et des défis importants en matière d’engagement dans une perspective de développement résilient au climat et à faible taux d’émissions. Le nouveau gouvernement n’a pas d’expérience en matière changement climatique, qu’il s’agisse de prise de conscience des enjeux, de capacités techniques ou de cadre institutionnel. Dans contexte, il est donc clairement nécessaire d’élaborer une stratégie nationale de lutte contre le changement climatique qui puisse donner un cadre global aux efforts d’intégration du changement climatique dans la planification du développement. L’appui à la préparation d’une telle stratégie constitue dès lors l’un des éléments-clés de l’intervention de l’AMCC.

Intégrer le changement climatique dans les processus d’élaboration des politiques et de planification

Objectif général:

Intégrer le changement climatique dans le développement des politiques et le calendrier des réformes du Myanmar.

Objectifs spécifiques:

  • Renforcer le cadre institutionnel et politique lié au changement climatique par le partage des connaissances techniques et de bonnes pratiques, la formation et l’appui institutionnel.
  • Encourager l’élaboration des politiques et la planification scientifiquement fondées par l’intégration du changement climatique, sur une base pilote, dans des initiatives de planification du développement aux niveaux régional (infranational) et local.
Principaux résultats attendus et activités: 

Le gouvernement, la société civile et le secteur privé du Myanmar sont plus conscients que jamais des enjeux liés au changement climatique.

Une stratégie et un plan d’action relatifs à la gestion des connaissances, à la communication et au plaidoyer en matière de changement climatique seront élaborés et mis en œuvre. Les médias seront impliqués pour améliorer la compréhension des aspects scientifiques et des impacts du changement climatique. Un appui sera aussi donné à des acteurs gouvernementaux clés pour assurer leur participation aux principaux événements liés au changement climatique dans la région.

Le gouvernement bénéficie des capacités et de l’appui nécessaires pour intégrer les connaissances liées au changement climatique dans les politiques, stratégies, plans et opérations, tandis que la société civile bénéficie d’un renforcement de sa contribution aux activités liées au changement climatique.

Un soutien sera apporté à :

  • L’évaluation des besoins de renforcement des capacités des principales parties prenantes, couvrant les aspects institutionnels et administratifs, ainsi que l’expérience en matière de développement de stratégies et les besoins en matière d’équipement de bureau.
  • Un renforcement du cadre institutionnel pour la lutte contre le changement climatique, y compris la clarification des rôles et le développement de mécanismes de coordination entre les agences gouvernementales impliquées dans le Comité national pour la conservation de l’environnement, en vue de l’établissement d’un groupe de travail «changement climatique».
  • La préparation d’une stratégie nationale et d’un plan d’action sur le changement climatique, sur base d’une collaboration entre la société civile, les agences gouvernementales et les institutions académiques.
  • Un dispositif de jumelage avec les pays de la région disposant d’une expérience en matière d’intégration du changement climatique.

La possibilité d’établir une plateforme de dialogue et d’échange d’expérience permettant une collaboration entre pairs entre les universités du Myanmar et des institutions situées dans d’autres pays participant à l’AMCC sera également étudiée.

Des formations, une assistance technique et des équipements seront fournis pour renforcer les systèmes de suivi de l’environnement et du climat, la modélisation du climat et des impacts du changement climatique, ainsi que l’utilisation de ces systèmes pour éclairer l’élaboration et la mise en œuvre des politiques.

Les enseignements tirés des activités menées aux niveaux régional (infranational) et local sont utilisés pour éclairer l’élaboration des politiques et sont communiqués aux preneurs de décisions dans les secteurs concernés.

Une ou deux zones pilotes seront sélectionnées pour y entreprendre une évaluation de la vulnérabilité au changement climatique et des options d’adaptation ; cette évaluation sera entreprise conjointement avec une évaluation du processus de planification du gouvernement régional, en vue de déterminer les possibilités et besoins en matière d’intégration des considérations liées au climat. L’intégration du changement climatique dans la planification du développement de la/des zone(s) pilote(s) sélectionnée(s) donnera la possibilité de contribuer de manière pratique au développement des capacités des responsables de la planification aux niveaux national et régional ; l’expérience pratique acquise dans ce cadre doit à son tour éclairer le développement de la stratégie nationale de lutte contre le changement climatique.

Sur base des évaluations et de l’exercice de planification évoqués ci-dessus, un appel à propositions sera organisé dans la/les zone(s) ciblée(s), et quelques projets pilotes d’adaptation au niveau des communautés alignés sur les processus de planification locaux seront mis en œuvre dans le cadre d’un programme de micro-financements. Un mécanisme sera mis en place pour s’assurer que les enseignements tirés de ces projets communautaires soient utilisés pour éclairer la stratégie nationale sur le changement climatique, soutenir les activités de plaidoyer et promouvoir la réplication à plus grande échelle.

Principales réalisations à ce jour: 
Les premières activités du projet se sont concentrées sur la mise en place des cadres institutionnels et juridiques nécessaires à sa mise en œuvre. Ces activités ont été les suivantes:
  • Ateliers de lancement du projet à Yangon, en septembre 2013, puis de façon officielle en juillet 2014 à Nav Pyi après la signature d’un protocole d’accord avec le Gouvernement du Myanmar.
  • Création d’un comité décisionnel de haut niveau, présidé par le Ministre de la Conservation de l’environnement et des forêts, lui-même assisté de 28 directeurs généraux membres du comité.
  • Des ateliers et des événements de sensibilisation : création d’un atelier avec le secteur privé notamment l'Union de la fédération du Myanmar des chambres de commerce et d'industrie (UMFCCI), formation du Conseil de la fonction publique (UCBS), et formation d’un atelier pour les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères. 
  • Coordination avec les parties prenantes impliquées dans les activités de réduction du changement climatique au sens large, y compris les risques de catastrophes , tels que le groupe de travail pour la réduction des risques de catastrophes, le Centre international pour le développement intégré en Montagne (ICIMOD), le forum GEGG sur l'énergie verte et la croissance verte, etc.
Enseignements tirés: 

Le projet a permis l’établissement de relations fortes entre l'équipe de projet, le MCEF, les ministères plus larges, le secteur privé et la société civile.

La formation du comité décisionnel de haut niveau MCCA par le Cabinet fut une étape décisive dans le développement du programme. Elle représente une volonté et appropriation politique réelle du projet, mais aussi plus largement du processus de lutte contre le changement climatique.

Le gouvernement progresse rapidement avec le projet, mais reste encore très prudent lors de ses relations avec les institutions internationales. Il sera donc essentiel d’agir en garantissant la transparence et en maintenant une grande ouverture d’esprit pour maintenir la dynamique actuelle du programme.

Actions à venir: 

La prochaine étape du programme consistera à poursuivre le dialogue établi avec les autorités et à appuyer la mise en œuvre des activités.

Le gouvernement sera encouragé à promouvoir le projet MCCA, notamment lors de la première réunion du Comité de haut niveau.

Le plan de travail doit être mis à jour et adapté en fonction de la période de mise en œuvre.

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