Alliance mondiale contre le changement climatique en Tanzanie

Alliance mondiale contre le changement climatique en Tanzanie

Duration
to
Status
Active programmes
Région
Afrique
Pays
Tanzanie
Pays impliqués
1
Total budget
2,21 M€
Sector(s)
GCCA priority area(s)
Video
Effets du changement climatique sur la région

Le Programme d'action national d'adaptation (PANA) de la Tanzanie a classé l'agriculture, les zones de pâturage, l’eau et les forêts parmi les secteurs les plus affectés par le changement climatique. En effet, les rendements des cultures essentielles comme le maïs et le riz ont diminué, et le niveau des eaux souterraines a baissé à cause de la variabilité des précipitations et de l'érosion et la dégradation des sols. De plus, la déforestation s'accentue en raison du surpâturage, des feux de forêt, du défrichage lié à l’agriculture, de la production de charbon de bois et de la surexploitation des ressources en bois à des fins commerciales. Cette situation touche directement les populations les plus vulnérables, qui vivent pour la plupart dans les zones rurales et isolées du pays, sujettes aux sécheresses, aux inondations et à l'insécurité alimentaire. Les femmes en particulier supportent une part importante de ce fardeau. La réponse à apporter face à une telle diversité d'effets négatifs doit être globale, intégrée, pluridisciplinaire et ancrée dans les communautés locales.

GCCA's action programme
Geographical scope
Initial GCCA/GCCA+ contribution
2,206,000.00 €
Specific objectives

Soutenir la création d'un nombre limité d'écovillages, où des mesures d'adaptation innovantes peuvent être mises  l’essai dans les domaines de l'agriculture, de la gestion des pâturages, de la gestion de l'eau, de l'assainissement et de l'énergie issue de la biomasse.

Remédier aux problèmes relatifs à l'énergie (biomasse) grâce à des pratiques durables de gestion des ressources naturelles (par ex. la gestion forestière participative).

Key achievements
  • L'ONG CFP a lancé le projet «Des terroirs résilients pour des communautés résilientes»en créant 5 pépinières communautaires dans les villages cibles d'Uwandani, Pujini, Vitongoji et Fundo, et à proximité de son bureau de Wete. Plus de 400 000 plants y ont été produits, dont 210 000 ont déjà été plantés. À ce jour, des arbres ont été plantés sur un total de 132 ha.

  • En complément à ces efforts, 11,3 hectares de systèmes d'agroforesterie communautaire ont également été mis en place dans les communautés cibles, 37,4 hectares supplémentaires ont été préparés et plus de 70 fermiers ont reçu une formation. Dans ces systèmes, les jeunes arbres ont été plantés en alternance avec des cultures annuelles telles que le maïs, la pastèque, la tomate, le poivron, l'ananas ou le tournesol.

  • Pour sécuriser l’investissement des communautés dans le (re)boisement et la mise en place de systèmes agroforestiers, le territoire des villages-cibles a été recensé par l’administration cadastrale du gouvernement de Zanzibar et des transferts de propriété aux communautés locales ont été réalisés pour un total de 57,9 ha. Ces démarches devraient mener à la délivrance aux communautés locales de titres de propriété qui protégeront les terres communautaires utilisées à des fins de conservation et de restauration de l’environnement, permettant ainsi de consolider et de pérenniser les résultats du projet. Un accord juridiquement contraignant entre le gouvernement de Zanzibar et les communautés-cibles est en cours de rédaction. Il visera à empêcher à l’avenir les pratiques non durables d’utilisation des terres. Le gouvernement devrait délivrer les titres de propriété au mois d’août.

  • La rareté de l'eau est un obstacle majeur à l'adaptation et au développement dans les communautés résidant sur les îlots de Kokota et Uvinje. Un système de récolte de l'eau de pluie d'une capacité maximale de 350 000 litres a été installé avec succès à l'école primaire de Kokota, qui a été construite avec l’appui de CFP.

  • Le responsable agricole de CFP a enseigné à plus de 50 femmes comment planter un potager près de leur maison. En parallèle avec cette activité, il a aidé les cinq communautés-cibles à créer des tas de compost collectifs et dispensé des formations sur la production et l’utilisation de pesticides naturels. Les installations de compostage ont déjà produit deux cycles de compost utilisable pour les potagers communautaires, et un troisième cycle de compost est en cours. De plus, l’ONG CFP teste actuellement l’efficacité d’un engrais fabriqué à base d’arbres légumineux et d’algues. Lorsque ces engrais naturels auront été raffinés au Centre de ressources de CFP, ils seront utilisés dans les potagers communautaires. Dans une certaine communauté, un légume riche en nutriments, connu localement sous l’appellation «matembele», a été introduit par le personnel de CFP. Aujourd’hui, la majorité des ménages de cette communauté cultivent une petite parcelle de matembele jouxtant leur maison.

  • 140 femmes ont reçu une formation à la construction de foyers à faible consommation d’énergie. Elles en ont construit plus de 300 en utilisant de l’argile disponible sur place. Suivant un modèle très efficace de «formation du formateur», ces participantes aident maintenant des membres de la communauté plus large à fabriquer leurs propres foyers à faible consommation d’énergie. Cette activité ayant récolté un franc succès parmi les femmes, la technologie en question se répand rapidement dans des groupes de femmes. Le personnel de CFP effectue un suivi des gains d’efficacité obtenus grâce à l’utilisation de ces foyers et calcule l’impact global du modèle de «formation du formateur». Le succès de ce modèle s’avérant très encourageant jusqu’à présent, CFP l’a appliqué à la formation sur les briquettes combustibles. Vingt presses à briquettes combustibles ont été construites et offertes aux communautés. La formation sur les briquettes combustibles, qui a eu lieu au mois de mai, a permis d’enseigner à 35 femmes à produire des briquettes. À leur tour, ces 35 femmes ont formé 42 autres femmes à la production de briquettes combustibles.

  • Cinq presses à briques en argile compressée stabilisée ont été fournies aux communautés et la production de 10 machines supplémentaires par des fabricants locaux est en cours. À la demande des communautés concernées, la technique des briques d’argile compressée sera utilisée pour construire des habitations à faible coût. Une quinzaine de maisons sont en construction, avec l’aide de groupes d’épargne locaux. Afin d’aider à démontrer l’efficacité, l’accessibilité et la facilité des briques en argile, CFP construit des toilettes pour la nouvelle école primaire de Kokota en utilisant des briques fabriquées sur place.

  • CFP a distribué 100 ruches aux communautés dans le but d’attirer des colonies d’abeilles essaimantes et les communautés leur ont déjà fait savoir qu’un certain nombre de ruches sont maintenant occupées. Un responsable apicole de CFP et des apiculteurs professionnels venus du Canada ont dispensé une formation en gestion apicole et en traitement de la cire d’abeille et du miel à 19 membres de ces communautés. Le responsable apicole a poursuivi la formation sur place de ces 19 personnes afin de leur permettre, à leur tour, de former 30 nouveaux apiculteurs. Le personnel de CFP travaille aussi avec le secteur hôtelier local dans le but de créer un marché pour le miel et les produits à base de cire qui seront produits à l’avenir par les coopératives.

  • Dans le domaine des énergies alternatives, des panneaux solaires portables et un mini-réseau ont été installés. Ils permettent d’alimenter une station de recharge pour téléphones portables, le système énergétique d’une école ainsi que le système d’éclairage de 79 habitations.

Dans la zone semi-aride: le projet d'écovillage de Chololo

  • La préparation à la campagne agricole 2012/2013 a porté sur la sensibilisation des agriculteurs, l’engagement des membres des communautés à exploiter la traction animale, l’acquisition de semences et la sélection participative d’agriculteurs en vue de la démonstration de toutes les technologies agricoles introduites dans le village. Les agriculteurs ont été informés sur les réglementations relatives aux semences, en particulier les semences de qualité certifiée. Trente-huit agriculteurs sélectionnés ont reçu des semences de base en vue d’une production de semences de qualité certifiée. D’autres semences améliorées (semences à maturation précoce et résistantes à la sécheresse) ont été distribuées à 405 agriculteurs. Des agriculteurs ont reçu une formation aux meilleures pratiques agricoles à adopter pour améliorer le rendement des cultures en tenant compte des recommandations en matière d'écartement, d’éclaircissage et d’incorporation de fumier de ferme. Malgré une pluviosité défavorable pendant la campagne agricole 2012/2013, le rendement des cultures s’avère prometteur comparativement à celui d’autres villages de Dodoma. Les agriculteurs de Chololo approchent de la fin de la récolte. Le rendement en tournesol sera cependant minime en raison des précipitations inadéquates et mal réparties qui sont tombées en février et mars 2013. Ces formations ont été complétées par la fourniture préalable de charrues à bœufs et de semences à haut rendement et résistantes à la sécheresse, notamment du millet à chandelle, du sorgho, du tournesol, de l'arachide et du niébé. Une étude visant à identifier des activités génératrices de revenu les plus avantageuses pour les femmes a également été réalisée. Les premiers résultats de l’introduction de pratiques agricoles améliorées montrent une nette amélioration des rendements de sorgho (+137% en moyenne), de millet à chandelle (+105%), de tournesol (+252%) et d’huile de tournesol (+383%). Une enquête fait état d’une amélioration considérable de la sécurité alimentaire et l’amélioration des rendements a engendré une augmentation des revenus des fermiers participants.

  • Les éleveurs ont été formés à des techniques améliorées d'élevage des bovins, des chèvres et des poulets. Après cette formation, il leur a été fourni des taureaux de race Mpwapwa améliorée, des boucs de race mixte et des coqs améliorés. Parmi ces nouveaux taureaux Mpwapwa, deux sont morts de maladie et les autres, au nombre de 28, sont en bonne santé et ont déjà dépassé l’âge de 18 mois. Ils ont donc commencé à s’accoupler avec les vaches locales (zébus à courtes cornes de Tanzanie). Les 48 boucs survivants, en bonne santé, ont commencé à s’accoupler avec les chèvres locales. Certaines chèvres locales qui s’étaient accouplées avec les boucs de race mixte ont commencé à mettre bas. On dénombre aujourd’hui plus de 200 chevreaux. Sur les 126 coqs améliorés qui ont été introduits, 99 progressent favorablement. La vaccination et le traitement des infections bactériennes et des verminoses ont été réalisés sur 5 782 poulets. Les éleveurs de poulets vendent des poulets croisés matures au prix d’environ 8 000 shillings tanzaniens (TZS) à 10 000 TZS.  60 apiculteurs de Chololo (49 hommes et 11 femmes) ont reçu une formation. Des zones pouvant accueillir des pâturages améliorés ont été délimitées et 10 hectares de pâturages améliorés ont été plantés.

  • Afin de soutenir le développement de l’aquaculture, 11 bassins d’élevage ont été construits, dont cinq contiennent déjà des tilapias adultes; les propriétaires vendent des alevins à d’autres éleveurs. Pour ce qui est de l’apiculture, 60 ruches modernes ont été installées et 60 apiculteurs formés. Deux menuisiers du village ont reçu une formation à la fabrication de ruches modernes, ce qui permet aux villageois d’acquérir de telles ruches pour une somme modique. Pour cette activité, la difficulté réside dans le fait que la plupart des ruches ne sont pas encore occupées par des abeilles, une situation qui s’explique par les pluies insuffisantes tombées lors de la saison 2012/2013.

  • Par ailleurs, la production de cuir de première qualité a débuté et les débouchés commerciaux sont étudiés. Le projet a dispensé une formation au tannage du cuir à 40 participants pendant 16 jours. Jusqu’à présent, le groupe «cuir» a produit 170 pièces de cuir. Quatre villageois de ce groupe ont suivi la formation à la fabrication d’objets en cuir qui a été dispensée par la section de la SIDO active dans la région de Dodoma. Grâce à cette formation, les membres du groupe ont amélioré leurs capacités de fabrication de divers objets en cuir, par exemple des sandales, des porte-clés ou des pochettes pour téléphone, en utilisant du cuir produit à Chololo.

  • Des membres de la communauté et chefs de villages ont été formés aux techniques de boisement, à la gestion de pépinières et à la plantation d'arbres. Deux pépinières ont été mises en place à proximité de l’école et du puits du village. Un total de 22 300 arbres ont été plantés dans des jardins de case, la réserve forestière villageoise, des jardins d’églises, ainsi que la cour d’une école primaire et d’un dispensaire, avec un taux de survie de 70%. Le Réseau environnemental de Dodoma a fait appel à trois groupes axés sur des pépinières, au comité environnemental du village et à la communauté pour assurer la gestion de ces pépinières et la plantation des arbres dans la réserve communautaire et à proximité des habitations. Cette saison, 4 653 arbres ont été plantés. La mesure et la démarcation des limites des terres du village ont été réalisées au moyen d’un GPS. Les membres de la communauté de Chololo ont dressé les futurs plans de leurs ressources naturelles en dessinant des cartes succinctes sur le sol, sur du papier et en observant l’utilisation des terres du village. Les autorités villageoises et le comité d’utilisation des terres ont été encouragés à élaborer des règlements concernant la gestion des ressources en eau, la conservation des ressources forestières, les bonnes pratiques agricoles, les moyens de transport locaux dans le village, la conservation de l’environnement, la gestion des pâturages et l’utilisation de sources d’énergie alternatives.

  • L’adoption de foyers à faible consommation d’énergie s’est accrue depuis la première année, lorsqu’il était difficile de convaincre les villageois de passer de leur système traditionnel à trois pierres à ce modèle de foyer amélioré. Toutefois, maintenant que plus d’une centaine de ces foyers ont été installés, l’attitude a changé et le nouveau modèle adopté. Les villageois, surtout les femmes, sont de plus en plus nombreux à en comprendre les avantages: possibilité de cuisiner avec deux casseroles en même temps, moins de fumée dans l’habitation, un environnement plus sûr pour les enfants et une réduction importante de la consommation de combustible. Grâce à ce dernier avantage,  les femmes ne doivent plus aller en forêt ramasser du bois – un aller et retour de cinq heures – qu’une fois par semaine au lieu de trois. Les dix unités domestiques de production de biogaz du village sont toutes opérationnelles et un stock de pièces de rechange (par ex. manchons à incandescence et couvercles de lampe en verre) a été constitué pour permettre aux propriétaires de remplacer les pièces cassées ou les consommables.

  • Dans le domaine de l’eau, une étude exhaustive a été menée pour déterminer les variations du niveau de la nappe phréatique au cours des dernières années. D’autres réalisations importantes concernent la réparation de puits, le rétablissement de l'approvisionnement de certains points d'eau domestiques, la construction d’un système de captage de l'eau de pluie sur le toit de l'école primaire, et la construction d'un barrage souterrain et d’un barrage en sable pour améliorer le captage des eaux de ruissellement.

  • La construction d’un centre communautaire pour l'écovillage est à présent terminée, et bien qu’il ne soit pas encore complètement équipé, il est déjà utilisé pour des sessions de formation, des réunions et des activités administratives. La station météorologique du village est également pleinement opérationnelle; elle enregistre la pluviométrie, les températures, la vitesse et la direction du vent ainsi que la pression atmosphérique.

  • Pour promouvoir la visibilité et partager et diffuser largement les résultats du projet, des journées de l'agriculture ont été organisées.  Les organisateurs n’ont pas hésité à faire appel à la télévision, à la radio, aux quotidiens et à la distribution de dépliants. Les avancées du projet sont régulièrement documentées sur le site internet du projet, et une vidéo de présentation du projet a été produite. Le projet a été présenté lors de la première Conférence mondiale de capitalisation de l’expérience de l’AMCC et à l’occasion d’ateliers nationaux sur le changement climatique organisés à l’Université de Dar-es-Salaam et au Ministère de l’agriculture. Il a été visité par des décideurs politiques nationaux, mais également par des représentants des villages voisins. Il faut souligner que des agriculteurs «à la pointe» des innovations introduites à Chololo ont aussi commencé à partager leur expérience et à former des agriculteurs d’autres villages.

  • Le vice-ministre Charles Kitwange a visité l’écovillage de Chololo avec 27 agriculteurs de Mwanza. Des articles consacrés aux activités du projet ont été publiés dans le magazine du monde agricole Ulimwengu wa Mkulima, le Mwananchi et les actualités quotidiennes. De plus, des activités du projet ont été évoquées sur Radio Une les 7 et 8 juin 2013 et sur la BBC le 18 février 2013. Le rapport d’avancement du projet a été présenté au Parlement le 19 avril 2013. Le projet a continué à insérer des informations relatives à ses progrès sur le site internet et la page Facebook de Chololo. Le site internet est visité par plus de 300 personnes par mois et a été consulté plus de 5 200 fois depuis sa création. La page Facebook a reçu 37 «J’aime» et touche plus de 120 personnes par semaine. La vidéo sur l’écovillage de Chololo a été projetée lors de divers séminaires et conférences afin que d’autres personnes puissent tirer profit de l’expérience acquise à Chololo en matière de techniques d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ce phénomène.

Dans les hautes terres : le projet des montagnes de l’Uluguru

  • Dans un premier temps, une phase de présentation du projet a été lancée, au cours de laquelle  les communautés ont été sensibilisées aux problèmes posés par le changement climatique puis informées sur les objectifs du projet. Une planification de l’action participative a été effectuée dans les cas où les activités initiales ont été identifiées en même temps que les responsabilités des différentes parties prenantes. Divers groupes d’intérêts tels que les autorités de quartier ou du village, les comités environnementaux, les groupes de la jeunesse, les clubs scolaires environnementaux et les techniciens locaux ont été impliqués dans les activités.

  • Diverses interventions techniques susceptibles de contrer les effets du changement climatique ont fait l’objet de démonstrations, notamment sur les pratiques agricoles durables, la création de pépinières d’arbres fruitiers ou forestiers, la plantation d’arbres, la collecte des eaux de pluie, la gestion de l’eau d’irrigation et la gouvernance des ressources naturelles. De plus, des efforts ont été accomplis pour établir des liens entre le groupe-cible et des marchés potentiels pour leurs produits agricoles.

  • Vingt-quatre parcelles de démonstration de plantation en courbes de niveau, et six parcelles de démonstration de culture en terrasses permanentes, ont été établies.

  • Cinq pépinières d’arbres fruitiers et quatre pépinières d’arbres à épices ont été établies par des groupements environnementaux locaux. Six écoles ont également créé des pépinières d’espèces forestières. Plus de 10 000 plants ont été produits à ce jour.

  • Sept bassins d’aquaculture ont été construits et leurs exploitants ont reçu des alevins pour démarrer la production.

  • Trois canaux d’irrigation ont été réhabilités.

  • Neuf écoles (dont trois écoles secondaires et six écoles primaires) ont créé un club environnemental. Leurs élèves ont planté des arbres dans la cour des écoles, ainsi que dans leurs jardins privés.

  • Sept jauges de pluviométrie ont été installées (une dans chaque village participant) et sont en service.

  • Des groupes de gestion des pépinières et cinq associations d’utilisateurs de l’eau ont été mis en place.

  • Le volet de formation a consisté en formations pratiques sur le tas, démonstrations, visites d’étude et réunions avec les parties prenantes. Des fermiers et le personnel de vulgarisation agricole ont participé à une visite d’étude dans le district de Mbinga afin de s’informer sur des initiatives communautaires de gestion des forêts et des ressources en eau.

  • Grâce aux diverses activités menées par le projet, les communautés concernées sont davantage sensibilisés aux enjeux liés au changement climatique, la plantation d’arbres a commencé, les comités environnementaux sont plus conscients de leurs responsabilités et de nouveaux marchés ont été identifiés, sur lesquels les agriculteurs peuvent vendre leurs produits. Des initiatives locales intéressantes ont vu le jour en marge du projet. On peut citer, par exemple, la coopération entre des comités environnementaux villageois et autorités villageoises pour planter des arbres destinés à protéger les berges et les zones de captage, l’adoption de règlements visant à améliorer la gestion des ressources environnementales locales, ou encore la vente directe de fruits à une entreprise de transformation de Dar-es-Salaam par une coopérative de producteurs locaux.

Main activities per result

Des approches globales, innovantes et intégrées sont testées, adoptées et diffusées dans un nombre limité de zones touchées par le changement climatique (« écovillages »).

Trois projets ont été sélectionnés à la suite d'un appel à propositions, un dans chacun de trois types d'écosystèmes (zones côtières et insulaires, zones arides et hautes terres) considérés comme particulièrement vulnérables au changement climatique. L’objectif de cette approche est de s'assurer que des pratiques efficaces puissent être identifiées et reproduites à travers les zones les plus vulnérables du pays, en tenant compte des caractéristiques spécifiques de chaque type d'écosystème.

Le premier projet est mis en œuvre sur l'île de Pemba par l'ONG locale Forêts communautaires de Pemba (CFP), en collaboration avec le gouvernement de Zanzibar. Six communautés sont impliquées : celles de Fundo, Uvinje, Kokota, Uwandani, Vitongoji et Pujini. Les principales activités portent sur le transfert de la propriété de terres du gouvernement aux communautés locales dans le cadre d’un régime foncier sécurisé ; le développement de l'agroforesterie et de projets de (re)boisement communautaires ; la culture de potagers et la mise en œuvre de systèmes agricoles résilients permettant une production diversifiée de fruits, légumes et noix ; la diversification des moyens de subsistance par le biais d’activités telles que la fabrication de briquettes combustibles, de foyers économes en combustible et de briques d’argile compressée,  l'apiculture et le compostage ; des investissements dans la collecte des eaux de pluie et le stockage des semences ; ainsi que le développement des énergies alternatives.

Le deuxième projet est mis en œuvre dans le village de Chololo, près de Dodoma, par l'Institut de planification du développement rural, en partenariat avec le gouvernement local et d’autres organisations. Les principales activités concernent la sensibilisation et l'amélioration de la gestion des ressources naturelles au niveau communautaire ; la promotion d’innovations agricoles «intelligentes» du point de vue du climat  (dans des domaines tels que l’utilisation de semences améliorées, l’amélioration du traitement et du stockage des récoltes, la maîtrise de l’érosion des sols, la gestion de la fertilité et de l’humidité des sols, l’amélioration des pratiques d’élevage) ; l’introduction de nouvelles activités telles que l’agriculture, l’apiculture et la tannerie ; l'amélioration de la fourniture d'eau pour la consommation humaine et le bétail, notamment par la collecte et le stockage des eaux de ruissellement ; la production de foyers économes en combustible et la construction d’unités domestiques de production de biogaz ; la mise en place d’une station météorologique locale ; la construction d’un centre communautaire ; et une série d’activités visant à partager les résultats et diffuser les pratiques innovantes.

Le troisième projet se situe dans les montagnes de l'Uluguru. Sept villages répartis entre les districts de Morogoro et Mvomero y participent. Le projet est mis en œuvre par l'Université agronomique de Sokoine. Ses activités principales comprennent la promotion et le développement de pratiques agricoles durables et compatibles avec le climat permettant d’accroître les revenus de la population ; la promotion de l'utilisation rationnelle de l'eau dans l’agriculture ; la promotion du reboisement et des foyers à faible consommation énergétique ; la création de conditions favorables au financement des investissements liés à l’adoption de nouvelles pratiques agricoles ; la mise en place d’organisations communautaires disposant des capacités requises pour assurer une utilisation des ressources naturelles qui soit durable, équitable et équilibrée du point de vue du genre ; et l'élaboration de lignes directrices et de conseils relatifs aux bonnes pratiques en vue de leur diffusion à l'échelon national.

Tous les projets encouragent l'utilisation durable des ressources naturelles à l'échelon des communautés locales. Cette approche devrait permettre de tester et d'adopter des méthodes globales, innovantes et intégrées et de les diffuser dans d'autres zones de Tanzanie touchées par le changement climatique. Au sein des communautés locales, les femmes en particulier seront investies du pouvoir et des capacités nécessaires pour faire face aux conséquences les plus graves du changement climatique. Les résultats des projets d'écovillages seront intégrés dans l'élaboration des politiques, en conformité avec le processus de décentralisation en cours. 

Challenges and leçons apprises (selection)
  • La capacité des autorités locales à gérer avec efficacité la planification et la mise en œuvre des mesures de lutte contre le changement climatique doit faire l’objet d’une attention particulière, et doit être maintenue sur le long terme. 

  • La participation des communautés (et en particulier des femmes) à toutes les étapes du cycle du projet, le développement de la confiance à divers niveaux et l’attention portée à la formation et à la sensibilisation constituent des facteurs clés de succès. Une approche très participative est nécessaire pour identifier tant les activités qui répondent le mieux aux besoins locaux que les meilleurs moyens de les mettre en œuvre. Pour établir de bonnes relations avec les communautés ciblées, il est utile de réaliser dès que possible des actions du type «gagnant-gagnant» ou «sans regrets» qui apportent des avantages clairs ; la communication relative au changement climatique et aux mesures d'adaptation doit aussi se faire dans un contexte approprié.

  • Il est essentiel de démontrer la faisabilité technique et économique des mesures et interventions proposées. Le potentiel de génération de revenus et d’amélioration des moyens de subsistance des mesures d’adaptation proposées doit être mis en évidence et perçu. Pour assurer la viabilité technologique, les projets devraient promouvoir des solutions à faible coût pour l’adoption desquelles les connaissances, plutôt que la complexité technique, constituent le principal obstacle – à savoir des solutions qui peuvent être mises en œuvre et entretenues avec les ressources locales, sans ou avec très peu d’appui extérieur.

  • Il importe de gérer activement le transfert des connaissances tirées de l'expérience des écovillages vers un groupe élargi de parties prenantes aux niveaux local, régional et national. Pour ce faire, on peut par exemple lier le projet à des processus de planification du développement existants, ou encore confier l'orientation de la stratégie du projet à un conseil consultatif local représentatif qui comprenne aussi, éventuellement, des représentants techniques des organes gouvernementaux concernés. Des agriculteurs issus des villages pilotes devraient être formés et recevoir un appui afin qu’ils puissent à leur tour former d’autres agriculteurs (et des étudiants) et participer à la diffusion des innovations. Il faut également assurer un accès facile aux sites des écovillages, afin de permettre aux décideurs clés de voir par eux-mêmes les initiatives d'adaptation en cours, et ainsi de créer des possibilités de lier l’expérience sur le terrain à l’élaboration des politiques.

  • Il est important de disposer d'une période suffisamment longue pour obtenir des résultats, dès lors que l’on met en œuvre des activités qui dépendent des saisons de croissance et de processus consultatifs communautaires. Faire évoluer les pratiques en matière d’utilisation des ressources naturelles est un processus à long terme. Il faut développer les capacités des acteurs locaux sur le plan des connaissances et du savoir-faire mais aussi sur le plan des attitudes. Les projets doivent travailler sur la base d’objectifs à long terme en favorisant la transition vers de nouvelles pratiques.

  • La cartographie et l’aménagement du territoire constituent des outils utiles dans le cadre d’une démarche d’adaptation basée sur la gestion des ressources naturelles. Toutefois, il est possible que l’on ne puisse introduire et développer des activités relatives à l’aménagement du territoire qu'après avoir répondu aux priorités des communautés concernées, et ainsi gagné leur confiance. Par exemple, améliorer l'approvisionnement en eau peut constituer un bon préalable à la promotion du reboisement. 

  • Un ensemble de compétences et d'expériences (en matière d'eau, d'énergie, de bétail, de forêts, de méthodes de culture, etc.) devraient être disponibles au sein de l'équipe de mise en œuvre, pour lui permettre de répondre rapidement à la grande diversité des besoins d'adaptation des communautés engagées dans les projets.

Way forward (selected)

La mise en œuvre des projets d’écovillages doit se poursuivre jusque fin 2013, sur base des activités en cours et d’autres activités planifiées.

Sur base des enseignements tirés du premier projet de l'AMCC, une deuxième initiative de l’AMCC en Tanzanie est en cours de préparation, en vue de porter à une échelle supérieure l'approche des écovillages. Elle visera notamment à renforcer les capacités institutionnelles à intégrer les questions liées au climat au niveau du gouvernement local. Elle s'attachera aussi à accroître le développement et la diffusion des connaissances relatives à la vulnérabilité climatique et aux solutions d’adaptation au changement climatique les plus appropriées dans le contexte de zones agroécologiques spécifiques de la Tanzanie.