Duration
to
Status
Active programmes
Région
Caraïbes
Pays
Guyana
Pays impliqués
1
Total budget
4,17 M€
Sector(s)
GCCA priority area(s)
Video
Effets du changement climatique sur la région

Comme beaucoup de pays côtiers des Caraïbes, le Guyana est exposé à une érosion accrue de ses côtes en raison du changement climatique. Une initiative visant à restaurer les forêts de palétuviers et à en planter de nouvelles s’avère un moyen intéressant de contribuer à la séquestration de carbone grâce au reboisement et à la préservation des forêts. Cette initiative facilite aussi l'adaptation au changement climatique par le renforcement des défenses naturelles contre la mer et la protection de la biodiversité des zones côtières.

GCCA's action programme
Geographical scope
Country groups
Initial GCCA/GCCA+ contribution
4,165,000.00 €
Specific objectives

Appuyer le Plan d'action national de gestion des mangroves.

Key achievements
  • Un Plan d’action pour les mangroves a été préparé ; il a été approuvé par le Cabinet en mai 2010. Pour soutenir sa mise en œuvre, un Comité d’action pour les mangroves a été établi en tant qu’organe de conseil; il comprend 12 agences gouvernementales, des organisations de recherche et des représentants du secteur privé.
  • Un plan et des protocoles de suivi des mangroves ont été élaborés.
  • Un inventaire des mangroves couvrant la totalité du littoral a été réalisé. Un système de suivi sous système d’information géographique (SIG) a été développé pour gérer les données de terrain ainsi que les images de télédétection et les photos aériennes de la côte. Des formations à l’utilisation du SIG et du GPS ont été dispensées au personnel de l’unité de gestion du projet et aux gardes forestiers en charge des mangroves.
  • Quelque 36,5 km de mangroves sont maintenant protégées par une unité de gardes forestiers nouvellement créée, qui comprend 8 hommes.
  • Des études préalables ont été réalisées sur les sites du projet. 420 000 plants de palétuviers noirs ont été produits et plantés avec l'implication des communautés locales. Cinq km de mangroves ont été restaurées le long de la côte est de Demerara, de la côte ouest de Berbice et de la côte de Corentyne. Des structures solides ont été conçues et construites pour augmenter la sédimentation dans certaines zones.
  • Cinq comités villageois d'action pour les mangroves ont été mis en place afin de promouvoir, à l'échelon communautaire, la sensibilisation à l'importance des mangroves et à leur protection.
  • La première réserve de mangroves du Guyana a été créée, et le projet d'écotourisme qui y est associé a remporté le prix environnemental de l'Association de l'accueil touristique du Guyana en 2011.
  • Une coopérative de productrices constituée autour de la réserve de mangroves a été créée afin de promouvoir des moyens de subsistance alternatifs dans les communautés côtières. Elle a remporté le prix de l'Organisation du tourisme des Caraïbes/Travel Mole pour la conservation de la biodiversité en 2012.
  • La protection et la réhabilitation des mangroves génèrent des avantages considérables pour les communautés locales grâce à la participation à la production de plants de palétuviers ainsi qu'à la vente de produits forestiers non ligneux, de miel provenant de l'apiculture et d'autres produits de la mangrove.
  • Des projets d'infrastructures communautaires ont été finalisés à Mon Repos, Victoria, côte est de Demerara et au Village n° 8, côte ouest de Berbice.
  • Le site internet du Projet de restauration des mangroves du Guyana est accessible. Plusieurs publications produites dans le contexte du projet sont disponibles sur ce site, notamment un manuel de culture du palétuvier en pépinière, un code de pratiques pour l'exploitation des mangroves et du matériel éducatif. Un site facebook a également été développé.
  • Un Centre de visiteurs de la mangrove, qui accueille 3 000 étudiants par an et 200 autres visiteurs chaque mois, a été mis en place. Ce centre devient un lieu habituel pour des événements annuels tels que les reconstitutions de la culture amérindienne ou le week-end de la mode du Guyana.
  • La télévision nationale a diffusé une «chanson de la mangrove» et une campagne expliquant les multiples avantages de la mangrove. Un documentaire sur la mangrove intitulé «Contenir la mer», ciblant les écoles primaires, a été produit et diffusé par la chaîne éducative du Guyana. Un manuel de ressources sur les mangroves à l'usage des enseignants a également été produit ; il a été approuvé par la Ministère de l’éducation et est maintenant intégré au programme d’étude de l’enseignement secondaire. La Commission des programmes scolaires du Ministère de l'éducation a été contactée pour souligner l'importance des mangroves et du changement climatique dans les futurs programmes d’étude.
  • Cinq publications scientifiques ont été finalisées en collaboration avec l'Université du Guyana, et 12 nouvelles bourses de recherche ont été octroyées. Des travaux de recherche sur les digues et les communautés côtières sont actuellement menés par un étudiant de l'Université de Californie dans le cadre d’une thèse de doctorat, tandis que d’autres travaux de recherche ont été finalisés par un étudiant du Royaume-Uni.
  • Le premier «Guyana Mangrove Forum», intitulé «Restaurer et gérer les mangroves dans un monde en évolution», a été organisé à Georgetown du 11 au 14 avril 2013 pour améliorer la perception publique de la valeur des mangroves et créer des liens entre les chercheurs guyanais et régionaux.

Une vidéo (en anglais) montrant certaines des réalisations du projet est disponible ici.

Main activities per result

Les mangroves sont réhabilitées, protégées et utilisées de façon durable, avec le soutien de la recherche en la matière. Un code de bonnes pratiques de gestion des mangroves est élaboré. La sensibilisation et l'information du public sur les avantages de la protection des mangroves sont renforcées. La législation forestière est mise en application, tandis que les politiques et la législation relatives aux mangroves font l’objet d’une revue.

L'une des activités essentielles du Plan d'action national de gestion des mangroves est la réhabilitation des forêts de mangroves. Cet élément du programme requiert la sélection des mangroves existantes à protéger, ainsi que l’identification de sites plus difficiles à réhabiliter, mais précieux en termes de défense contre la mer. Des plants de palétuviers sont plantés sur différentes sections de la côte.

Une autre activité du programme est la cartographie des mangroves, qui s'effectue au moyen d'outils SIG. Cette activité est menée en parallèle avec l'établissement d'un système de mesure, reporting et vérification (MRV) dans le contexte de la préparation à REDD+.

Du point de vue politique et réglementaire, la protection des mangroves est maintenant prise en compte dans la Loi nationale sur les forêts et dans le deuxième Plan d'action national pour la biodiversité, ce qui établit un cadre politique favorable pour l’intervention; en outre, la protection des mangroves occupe une place à part entière dans la nouvelle version du Plan forestier. La qualité et l'efficacité des réglementations protégeant les mangroves sont en cours de réexamen.

Plusieurs actions ont été et seront encore mises en œuvre afin d'encourager la sensibilisation du public et l'implication des communautés. L'implication des communautés qui vivent à proximité des mangroves est en effet très importante tant pour la protection de ces forêts que pour leur surveillance.

Challenges and leçons apprises (selection)
  • La composante d'assistance technique aurait dû être mise en place plus tôt dans le calendrier du projet car l'expertise technique spécialisée disponible localement est limitée.
  • Il est crucial d'effectuer une analyse approfondie des sites pilotes, en mettant l'accent sur d’importants travaux préparatoires à réaliser tels que la collecte d'informations sur la force des vagues, l'élévation du niveau de la vase, l'hydrologie et les activités côtières. Ces travaux préparatoires sont nécessaires pour assurer la réussite de la phase de plantation, car les plants de palétuviers sont très sensibles à l'érosion et à l'action des vagues. Il importe en particulier de comprendre les processus hydrologiques avant de poursuivre la plantation, comme le préconise l’approche de «réhabilitation écologique des mangroves».
  • Les observations effectuées indiquent que la mise en place de structures solides (enrochement) augmente la sédimentation et favorise la régénération naturelle, ce qui souligne l'importance de la composante d’appui à la construction d’infrastructures (murs de protection et brise-lames). Idéalement, cette composante aurait donc dû être mise en œuvre avant la phase de plantation.
  • À bon escient, le projet a accordé beaucoup d'attention à l'implication des communautés et au développement d'un réseau de gardes forestiers bien enraciné dans les communautés. Cela a contribué à la conservation des mangroves existantes, à l'identification des menaces et à la régénération naturelle de la mangrove dans des zones étendues.
  • En combinant l'appui budgétaire avec le développement durable (économie verte, atténuation du changement climatique) ainsi que l'autonomisation des femmes, le projet comporte beaucoup d'éléments pertinents dans le contexte "post-2015" et "Rio+20".
Way forward (selected)
  • Le système de surveillance doit être amélioré pour assurer sa pleine opérationnalité. En particulier, il nécessite l’acquisition de données d'imagerie par satellite et l’amélioration des capacités internes en systèmes d’information géographique, ainsi que dans la gestion et la communication des données relatives à l'état de la mangrove. L’intégration avec le système de MRV lié à REDD+ nécessite aussi plus de développement.
  • Le projet de restauration des mangroves a su tirer de nouveaux enseignements au sujet de la participation communautaire dans la protection de la mangrove. Dans ce contexte, l'exploitation durable des mangroves pourrait être davantage étudiée, afin de mieux rétribuer les communautés pour leurs efforts de protection.
  • Une évaluation finale devrait être lancée, tel que recommandé par les lignes directrices pour les opérations d'appui budgétaire de l'Union européenne.