AMCC + Renforcement de la gouvernance et de la résilience climatiques au Tchad

Duration
2020-01-01 to 2026-01-01
Status
Active programmes
Région
Afrique
Pays
Tchad
Total budget
4,00 M€
Sector(s)
GCCA priority area(s)
Countries

Le Tchad est un pays subsaharien d'Afrique centrale, enclavé, avec une superficie de 1 284 000 km , dont plus de la moitié constituée de zones désertiques. Le pays est découpé en trois zones climatiques principales. La zone saharienne est caractérisée par une faible pluviométrie annuelle (50 à 200 mm/an). Au centre, la bande sahélienne reçoit une pluviométrie qui varie entre 200 et 600 mm/an. La zone soudanienne est caractérisée par une pluviométrie relativement abondante (entre 600 et 1200 mm/an). Toutefois, au cours des dernières décennies, les zones climatiques saharienne et sahélienne du Tchad ont progressé vers le Sud de 150 km. La population est estimée à 15,1 millions habitants y compris les réfugiés (INSEED, 2018) dont 21,9% en zone urbaine, avec un taux de croissance naturelle de 3,6% par an. Son économie repose essentiellement sur le secteur primaire (agriculture, élevage et pêche) qui occupe près de 80 % de la population. En 2004 le Tchad est devenu un pays producteur et exportateur de pétrole brut. Toutefois la forte dépendance de l’économie nationale au pétrole et la volatilité des cours mondiaux ont négativement impacté le niveau des recettes de l’Etat et les perspectives de croissance.

L’environnement économique tchadien est également marqué par le choc sécuritaire lié aux exactions, les conflits intercommunautaires, la menace de rébellion venant de la Libye et du Soudan, les attaques de la secte terroriste Boko Haram et l'insécurité à la frontière sud avec la République Centrafricaine.

Le Tchad figure au 187e rang (sur 189) à l’échelle mondiale selon l’indice de développement humain (PNUD, 2018). L’indice de développement humain basé sur le genre est établi à 0,76 pour le Tchad en 2014, contre 0,86 en Afrique subsaharienne (HDR2014-PNUD). La proportion de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté monétaire est passée de 55% en 2003 à 46% en 2011 (INSEED, 2014). Toutefois, le taux de pauvreté dans les zones rurales (52,5%) est nettement plus élevé que dans les zones urbaines (25%). Or, le pays dispose d’immenses richesses en matière de biodiversité et un potentiel hydrique et agricole considérable pour assurer une production conséquente afin de répondre aux besoins de sa population. Le secteur agricole est toutefois caractérisé par une faible productivité due aux aléas climatiques et à l’insuffisance des investissements. Le pays est considéré par la communauté internationale comme particulièrement sensible à la variabilité et aux changements climatiques (CC) : parmi 168 pays, il est classé comme le pays le plus exposé au réchauffement climatique (Hakim Abdi, 2017). Considérant l’AMCC+ Index (2015), le Tchad a été classé parmi les pays en développement le plus vulnérables. Les périodes entre les années 90 jusqu’à nos jours qui coïncident avec l’intensification du réchauffement climatique sont marquées par une brusque alternance d’années sèches et humides, en moyenne une année sur deux est considérée comme étant sèche. Ce nouveau mode de variabilité interannuelle des pluies rend de plus en plus difficile la planification agricole. A cela s’ajoute la recrudescence de phénomènes météorologiques extrêmes tels que les sécheresses, les inondations, les vagues de chaleur et les vents violents qui sont les manifestations les plus courantes. Au cours des trente dernières années, le pays a subi plus d’une quarantaine de catastrophes naturelles, affectant plus de 5 millions de personnes et entraînant des pertes économiques importantes. Les baisses de la production agricole des années 2000-2001, 2004-2005, 2009-2010 sont imputables aux sécheresses observées au cours de ces périodes. Or selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC: 2007, 2013), ces phénomènes deviendront de plus en plus intenses et fréquents dans les prochaines décennies.

L’enquête Nationale sur la Sécurité Alimentaire réalisée en 2014 a mis en exergue la forte sensibilité des ménages ruraux aux chocs environnementaux dont la sécheresse (39%).

Par ailleurs, bien que le Tchad soit un pays pétrolier, le taux d’accès à l’électricité est actuellement estimé à 6,4% de la population au niveau national, 13,7% au niveau urbain et 0,6% au niveau rural. La consommation nationale d’énergie est encore dominée à concurrence de 96,5% par la consommation de combustibles ligneux. Cette surexploitation des ressources combinée au CC a conduit une déforestation supérieure à 90% du patrimoine national. Une régression d’environ 50% du potentiel forestier national a été notée au cours des vingt dernières années, soit un rythme assez inquiétant de dégradation qui est passé de 0,6%/ha/an à 2,5%/ha/an (SIDRAT, 2013) et une perte de superficie de 4 700 km . Or, le niveau de pénétration des énergies renouvelables n’est que de 2% sur le plan national. Cependant, le pays dispose d’un bon potentiel en énergies renouvelables (solaire de 4,5 à 6,5 kWh/m2/j sur tout le territoire, éolien de 4 à 7 m/s au Nord). Le système de production socioéconomique tchadien évolue vers la promotion des énergies (solaires) renouvelables pour l'essor d'eau, la transformation des produits agro-pastoraux, les petites activités économiques (charge de téléphone, fabrique glace, etc.) et l’éclairage domestique.

GCCA's action programme
Geographical scope
Country groups
Initial GCCA/GCCA+ contribution
4,000,000.00 €

Objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques (OS) sont:

OS1- Les institutions publiques en charge de la lutte contre les changements climatiques et de la mise en Å“uvre de la CDN, assurent plus efficacement la coordination, la mise en Å“uvre et le suivi des politiques, stratégies et plans d’adaptation et d’atténuation aux changements climatiques.

OS2 - Des systèmes climato intelligents de gestion, de financements et de pratiques agricoles sont expérimentés au niveau local/provincial.

Les deux objectifs (OS) sont complémentaires. L'OS1 est dédié au renforcement des capacités d'un cadre institutionnel favorable au niveau central pour le plaidoyer, la coordination globale et la mise en Å“uvre d’actions concrètes qui concourent à accroître la résilience des communautés. L’OS2 va influencer/alimenter le niveau politique et le secteur privé en faveur d’investissements innovants (privés et publics) et de mobilisation de financements climatiques extérieurs nécessaires à la construction de la résilience des populations. Aussi, la DGTEDD et DEELCCC, en charge de la coordination globale de toutes les actions climatiques du Tchad, au-delà de la coordination stratégique, assure également la supervision des activités sur le terrain des projets bénéficiaires à travers des missions régulières par ses cadres.




Produits

Les trois produits attendus de l’action sont:

Produit 1 (P1): Des institutions en charge de la lutte contre les changements climatiques sont renforcées pour mobiliser les financements â€˜ climat â€™, assurer la coordination, la mise en Å“uvre et le suivi des politiques, stratégies et plans d’adaptation et d’atténuation aux changements climatiques dans le contexte de l’Accord de Paris sur le climat, de l’agenda 2030 et duprocessus de négociation sur le climat,

Produit 2 (P2): Des financements innovants à travers le partenariat public-privé pour le renforcement de la résilience climatique au niveau local sont mobilisés,

Produit 3 (P3): Des pratiques et technologies climato résilientes sont mises en Å“uvre, suivies et évaluées.




Activités

Activités liées au P1: Des institutions en charge de la lutte contre les changements climatiques sont renforcées pour mobiliser les financements â€˜ climat â€™, assurer la coordination, la mise en Å“uvre et le suivi des politiques, stratégies et plans d’adaptation et d’atténuation aux changements climatiques dans le contexte de l’Accord de Paris sur le climat, de l’agenda 2030 et du processus de négociation sur le climat.

Les activités envisagées au cours de la phase 2 de l’AMCC permettront de consolider les acquis en matière de gouvernance et de diplomatie climatique. Un accent particulier sera accordé à la mise en Å“uvre des CDNs dans le contexte de l’Accord de Paris sur le climat. Des appuis spécifiques au Ministère du Pétrole et de l’Énergie seront poursuivis pour un accès durable à l'électricité propre et le développement du partenariat privé et public (PPP) dans le cadre de l’électrification rurale.

L’atteinte du P1 nécessitera la mise en Å“uvre des activités ci-après :

Activité 1.1. Faciliter la coordination, la concertation et le plaidoyer autour de la CDN

Activité 1.2. Rédiger des propositions pour mobiliser des fonds climatiques internationaux

Activité 1.3. Appuyer le Ministère en charge de l’Énergie à l’opérationnalisation de l’Agence Nationale ‘ ADERME â€™ pour la mise en place d’un cadre réglementaire et d’incitations fiscales et financières favorables aux investissements du secteur privé dans les Energies Renouvelables (EnRs)

Activité 1.4. Renforcer les capacités de suivi et évaluation de la DEELCC

Activité 1.5. Consolider les acquis en matière de plaidoyers, de communication, d’information et de banque des données en ligne sur les CC.

Activité 1.6. Suivre et capitaliser les expériences de terrain

Activités liées au P2: Des financements innovants à travers le partenariat public-privé pour le renforcement de la résilience climatique au niveau local sont mobilisés.

Pour ce faire, il est nécessaire de créer localement les conditions institutionnelles, stratégiques et opérationnelles favorables à la promotion de l’adaptation et l’atténuation des CC et la gestion de subventions liées à la lutte contre les CC. Des efforts préalables seront consentis afin d’accorder plus de responsabilités aux collectivités locales avec notamment le transfert des compétences en matière de plaidoyer pour la prise en compte des considérations liées à la résilience climatique dans la planification du développement local, de gestion de l’environnement et des ressources naturelles. Les actions envisagées permettront de renforcer la gouvernance locale par la décentralisation de la gestion de la LCC. L’action ciblera les jeunes et les femmes, groupes les plus vulnérables.

L’atteinte du P2 nécessitera la mise en Å“uvre des activités ci-après:

Activité 2.1. Renforcer les instruments institutionnels et juridiques au niveau local en faveur de l’adaptation au CC et la gestion durable des ressources naturelles

Activité 2.2. Appuyer à l’intégration de la dimension résilience climatique dans les systèmes de planification, de budgétisation et de suivi au niveau des trois collectivités locales pilotes

Activité 2.3. Renforcer les capacités des jeunes et des femmes pour l’accès au financement de l’adaptation et le développement de la résilience climatique locale

Activité 2.4. Mettre en Å“uvre des systèmes de financements de projets communautaires pilotes d’adaptation et de résilience climatiques

Activités liées au P3: Des pratiques et technologies climato résilientes sont mises en Å“uvre, suivies et évaluées.

L’atteinte du P3 nécessitera la mise en Å“uvre des activités ci-après:

Activité 3.1. Mise en place des systèmes de production pilote utilisant des techniques et technologies d’agriculture résilientes et promouvant la conservation, la transformation des produits favorables à l’éclosion de petits métiers générateurs d’emplois pour les femmes et les jeunes.

Activité 3.2. Former et appuyer les femmes et les jeunes à la collecte, la conservation, la transformation et la commercialisation des produits agricoles locaux