Appui au gouvernement du Mozambique en vue de l’intégration du changement climatique dans les politiques et stratégies et de l’adaptation

Duration
2011-06-01 to 2016-12-01
Status
Completed programmes
Région
Afrique
Pays
Mozambique
Total budget
47,00 M€
Sector(s)
GCCA priority area(s)
Countries
Le Mozambique est régulièrement victime de phénomènes météorologiques extrêmes. Ce pays, dont la plupart des habitants vivent et dépendent de l'agriculture  est victime de sécheresses tous les trois à quatre ans. Beaucoup de bassins fluviaux régionaux convergent au Mozambique et les inondations constituent une menace perpétuelle, en particulier lorsqu'elles s'accompagnent de cyclones tropicaux.  Le pays a, dans ce contexte, un besoin urgent de coordination de l'aide pour faire face au changement climatique.  En janvier 2015, de fortes pluies ont entraîné de graves inondations dans le nord et le centre du pays provocant des pertes humaines et matérielles considérables, y compris à certaines infrastructures de base. Ces fortes pluies ont également eu un impact négatif dans la fourniture d'énergie pour de grandes zones dans le nord du pays.  Plusieurs régions sont notamment restées isolées au début de 2015 en raison de l'effondrement de routes et de ponts.
GCCA's action programme
Geographical scope
Initial GCCA/GCCA+ contribution
10,200,000.00 €

Overall objective

Soutenir les efforts du gouvernement qui cherche à remédier aux effets adverses du changement climatique, avec un accent particulier sur les communautés les plus vulnérables présentes dans les zones rurales du pays.




Objectifs spécifiques

Accroître la capacité du gouvernement du Mozambique à intégrer de façon adéquate le changement climatique et les initiatives de protection contre les aléas climatiques dans ses stratégies de réduction de la pauvreté et de développement.




Produits
  • Les capacités institutionnelles et l'expertise des institutions gouvernementales clés sont renforcées.
  • Des campagnes de partage d'information et de sensibilisation sont menées, ainsi que des formations spécifiques.
  • La mise en œuvre de la réponse nationale au changement climatique (stratégie environnementale pour le développement durable, programme d'action national d'adaptation) est facilitée par la mise en pratique d'une série de projets pilotes, essentiellement dans les secteurs de l'agriculture et de l'agroforesterie.



Activités

Les capacités institutionnelles et l'expertise des institutions gouvernementales clés sont renforcées.

Ceci exige de revoir les stratégies de développement sectorielles afin de mieux y intégrer les thèmes de l'environnement et du changement climatique, en fonction du cadre juridique et politique le plus récent. Des actions sont également entreprises afin de renforcer le leadership et le rôle du MITADER en tant que point focal pour les affaires environnementales, et notamment d'améliorer la coordination et le suivi des interventions du gouvernement et des donateurs.

Les autres axes d'action portent sur: le renforcement du système de suivi environnemental en vue de mesurer de façon adéquate la performance du secteur, la promotion des pratiques de bonne gouvernance, l'amélioration du respect du cadre juridique et réglementaire applicable. Mais en plus de cela, ils comprennent la fourniture d'un référentiel clair pour l'amélioration de la coordination et des relations entre tous les acteurs gouvernementaux et non étatiques, aux niveaux central, provincial et des districts.

Des campagnes de partage d'information et de sensibilisation sont menées, ainsi que des formations spécifiques.

Ce volet comprend des activités visant à mieux faire comprendre les questions de changement climatique aux intervenants clés, y compris la société civile et les établissements d'enseignement secondaire et universitaire. Ce dernier inclut notamment des actions ayant pour but d'améliorer la réactivité au changement climatique des principaux agents du développement à tous les niveaux (du niveau central au niveau local). Des formations sur le lieu de travail sont dispensées pour le personnel local concerné et des réseaux d'information peuvent être établis pour mieux faire connaître le changement climatique en assurant la diffusion croisée des connaissances locales.

La mise en œuvre de la réponse nationale au changement climatique (stratégie environnementale pour le développement durable, programme d'action national d'adaptation) est facilitée par la mise en pratique d'une série de projets pilotes, essentiellement dans les secteurs de l'agriculture et de l'agroforesterie.

Des institutions actives dans le domaine de l'environnement sont invitées à faire de la recherche appliquée et à réaliser des études en appui au développement de solutions innovantes au changement climatique.

Des actions sont également entreprises pour identifier des stratégies adéquates d'ajustement et d'adaptation liées à l'utilisation des terres en milieu rural; ceci afin de soutenir l'adaptation des systèmes agricoles et de subsistance traditionnels aux conditions climatiques changeantes dans les zones vulnérables.

Des mesures d'adaptation concrètes sont mises en œuvre dans certaines zones vulnérables pour réduire la vulnérabilité des systèmes de production locaux et améliorer la résilience au changement climatique parmi les communautés rurales ciblées.



Réalisations jusqu’à present
  • Une étude de la performance institutionnelle a été réalisée, ce qui a permis de finaliser l'évaluation des besoins de formation.
  • La phase II de l'étude sur les impacts du changement climatique menée par l'Institut national de gestion des catastrophes naturelles (INGC) est terminée. Cette phase faisait suite à la publication d'un premier rapport intitulé "Étude sur l'impact du changement climatique sur les risques de catastrophe au Mozambique" en 2009 (rapport de synthèse disponible en EN et PT).
  • L'une des activités phares de la Stratégie nationale d'adaptation et d'atténuation du changement climatique 2013-2025 (ENAMMC) est le développement de plans locaux d'adaptation (PLA). Le soutien au MITADER et à l'ex-ministère de la Planification et du Développement (MPD) a commencé au début de l'année 2013. Un total de 10 membres du personnel au niveau central, 32 fonctionnaires des ministères provinciaux de MITADER et ex-MPD, et 35 fonctionnaires de District ont été formés sur la vulnérabilité climatique, l'évaluation des capacités, et l'élaboration de plans locaux d'adaptation avec la participation des communautés. En 2014, le personnel-clé au niveau central et provincial a été formé à l'utilisation de la "théorie du changement" dans une approche de formation de formateurs afin d'aider les districts à développer leur PLA. En parallèle, l'équipe au niveau central, composée de membres de plusieurs institutions, a développé le guide méthodologique sur l'élaboration de plans locaux d'adaptation. Dix-sept plans locaux d'adaptation (PLA) au niveau des districts ont reçu un soutien en 2014. Fin 2014, 13 districts ont un projet de PLA. La Région de Guija été la première région à approuver son PLA. Onze PLA supplémentaires ont été appuyés dans leur préparation en 2015.
  • Le Conseil des ministres a approuvé la Stratégie nationale en matière de changement climatique (ENMC) le 13 novembre 2012. Une "feuille de route pour une économie verte" a également été adoptée.
  • En vertu de l'ENMC, une série d'activités à petite ou moyenne échelle ont été menées par les autorités des provinces ou des districts dans les zones les plus vulnérables.
  • Un budget et un plan d'activités ont été adoptés pour 2014 sur la base du plan économique et social national annuel.
  • 17 plans locaux d'adaptation (niveau district) ont reçu un appui du projet et doivent commencer leur mise en œuvre en 2015. 10 autres plans locaux d'adaptation ont été soutenus en 2015.
  • La MITADER a appuyé la mise en œuvre de plus d'une centaine d'activités à petite ou moyenne échelle, menées par les autorités provinciales ou de district dans les zones les plus vulnérables, sur la base de l'ENMC approuvée en 2012.
  • En 2012, le gouvernement du Mozambique (GdM) a pris un engagement en faveur de l'économie verte. En octobre 2013, le Conseil des Ministres a approuvé le plan d'action pour l'économie verte pour la période 2013-2014.
  • L'"évaluation environnementale stratégique de la zone côtière du Mozambique" a été finalisée au premier semestre 2013. Elle est considérée comme un document essentiel pour la gestion environnementale et l'adaptation au changement climatique.
  • Le programme a montré la voie à suivre en mettant en place un système de suivi rigoureux de la performance (par une vérification de l'alignement par rapport aux objectifs) ainsi qu'un suivi de l'exécution financière par l'établissement de liens entre la planification, la mise en œuvre et l'exécution du budget. Cette combinaison constitue une base permettant le suivi du rapport coûts-efficacité de la mise en œuvre et de la discipline budgétaire par rapport à l'utilisation des fonds telle que spécifiée dans les plans annuels approuvés.
  • L'Institut national de gestion des risques de catastrophes (INGC) est un des principaux bénéficiaires de ce programme. Au cours des deux dernières années, le processus de planification et de suivi a été considérablement renforcé avec la couverture de six provinces (sur 10). Le personnel clé de la planification au niveau central et provincial a été formé en matière de planification, de suivi et d'évaluation.
  • En outre, le programme a appuyé la collecte de données et la cartographie des zones à risque de sécheresses, des inondations, des cyclones et des tremblements de terre. Les cartes de risques pour 11 districts ont été finalisées. En outre, une étude topographique a été réalisée dans une partie du bassin du Zambèze pour améliorer la prévision des impacts des inondations. Ces activités ont permis d'améliorer la capacité de l'INGC et d'autres institutions à mieux planifier et réduire leur vulnérabilité au changement climatique.
  • Le programme a également soutenu le développement de systèmes d'alerte précoce dans le bassin Messalo dans la partie nord du pays et dans la ville de Chokwe dans le bassin du Limpopo dans la partie sud du pays.

Les activités mises en oeuvre en termes d'adaptation et de gestion des risques au niveau provincial et des districts comprennent:

  • La plantation et la réhabilitation de 229 ha de mangrove. Un plan d'action global pour la réhabilitation des mangroves a été élaboré avec la collaboration de l'UICN;
  • L'installation de 105 systèmes de récolte d'eau de pluie, de 68 à 2,500 m3,
  • La création et la revitalisation d'un grand nombre de comités de gestion des risques locaux dont 59 ont bénéficié de kits de gestion des risques qui augmentent la prévention de pertes humaines ou de biens pendant les inondations.
  • La promotion de l'agriculture de conservation, ainsi que de cultures plus résistantes à la sécheresse telles que le manioc et les patates douces, en créant des champs de démonstration (jusque 1 ha),
  • Deux grands réservoirs pour le stockage de l'eau dans les zones à déficit hydrique ont été construits;
  • Une étude de faisabilité et un plan d'affaires ont été réalisés au bénéfice de producteurs artisanaux d'huile d'amarula en vue d'une utilisation dans l'industrie cosmétique. Une telle production peut potentiellement améliorer les possibilités d'emploi et de revenus dans les zones semi-arides très vulnérables en utilisant une ressource disponible localement de façon abondante.


Défis et enseignement tirés
  • Le processus d'élaboration de la stratégie nationale sur le changement climatique a mis en évidence l'importance d'allouer des ressources appropriées pour soutenir l'analyse et la discussion entre les différentes parties prenantes impliquées dans les arrangements institutionnels associés aux actions sur le changement climatique.
  • Le programme a permis à MITADER de mettre en œuvre des activités d'adaptation environnementale et climatique sur la base d'une approche intersectorielle et décentralisée impliquant un éventail de secteurs au niveau provincial et avec une moyenne de trois districts dans chaque province. Les efforts de suivi doivent à l'avenir se concentrer sur la collecte d'expériences pertinentes et la formulation de recommandations pouvant conduire aux ajustements nécessaires des procédures, des modalités de mise en œuvre et de l'orientation des activités. Les enseignements tirés doivent être communiqués à tous les partenaires concernés.