Protection durable des zones côtières à travers la gestion des mangroves au Guyana

Duration
2009-12-01 to 2014-08-01
Status
Completed programmes
Région
Caraïbes
Pays
Guyana
Total budget
4,17 M€
Sector(s)
GCCA priority area(s)
Video
Countries

Comme beaucoup de pays côtiers des Caraïbes, le Guyana est exposé à une érosion côtière accrue liée au changement climatique.  Une initiative visant à restaurer les forêts de palétuviers et à en planter de nouvelles s’avère être un moyen intéressant de contribuer à la séquestration de carbone grâce au reboisement et à la préservation des forêts.  Cette initiative facilite aussi l'adaptation au changement climatique par le renforcement des défenses naturelles contre la mer et la protection de la biodiversité des zones côtières.

GCCA's action programme
Geographical scope
Country groups
Initial GCCA/GCCA+ contribution
4,170,000.00 €

Overall objective

Atténuer le changement climatique (en séquestrant le carbone par le reboisement et la préservation des forêts) et s'adapter à ses effets (par le renforcement des défenses contre la mer et un soutien à la biodiversité).




Objectifs spécifiques

Appuyer le Plan d'action national de gestion des mangroves.




Activités
  • Un Plan d’action pour les mangroves a été préparé; celui-ci a été approuvé par le Cabinet en mai 2010. Pour soutenir sa mise en Å“uvre, un Comité d’action pour les mangroves a été établi en tant qu’organe de conseil. Ce dernier comprend 12 agences gouvernementales, des organisations de recherches, ainsi que des représentants du secteur privé.
  • Un plan et des protocoles de suivi des mangroves ont été élaborés.
  • Un inventaire des mangroves couvrant la totalité du littoral a été réalisé. Un système de suivi sous système d’information géographique (SIG) a été développé pour gérer les données de terrain ainsi que les images de télédétection, mais également les photos aériennes de la côte. Des formations à l’utilisation du SIG et du GPS ont été dispensées au personnel de l’unité de gestion du projet et aux gardes forestiers en charge des mangroves.
  • Quelque 36,5 km de mangroves sont maintenant protégés par une unité de gardes forestiers récemment créée, qui comprend 8 hommes.
  • Des études préalables ont été réalisées sur les sites du projet. 420 000 plants de palétuviers noirs ont été conçus et plantés avec l'implication des communautés locales. 5 km de mangroves ont été restaurés le long de la côte Est de Demerara, de la côte Ouest de Berbice et de la côte de Corentyne. Des structures solides ont été conçues et construites pour augmenter la sédimentation dans certaines zones.
  • Cinq comités villageois d'action pour la protection des mangroves ont été mis en place afin de promouvoir la sensibilisation à l'importance des mangroves ainsi qu'à leur protection à l'échelon communautaire.
  • La première réserve de mangroves du Guyana a été créée, et le projet d'écotourisme qui y est associé a remporté le prix environnemental de l'Association de l'accueil touristique du Guyana en 2011.
  • Une coopérative de femme chefs d’exploitation constituée autour de la réserve de mangroves a été créée afin de promouvoir des moyens de subsistance alternatifs dans les communautés côtières. Elle a remporté le prix de l'Organisation du tourisme des Caraïbes/Travel Mole pour la conservation de la biodiversité en 2012.
  • La protection et la réhabilitation des mangroves génèrent des avantages considérables pour les communautés locales grâce à la participation à la production de plants de palétuviers, ainsi qu'à la vente de produits forestiers non ligneux, de miel provenant de l'apiculture et d'autres produits provenant tous de la mangrove.
  • Des projets d'infrastructures communautaires ont été finalisés à Mon Repos, Victoria, sur la côte Est de Demerara et au Village n° 8, et enfin sur la côte Ouest de Berbice.
  • Le site internet du Projet de restauration des mangroves du Guyana est accessible. Plusieurs publications produites dans le contexte du projet sont disponibles sur ce site, notamment un manuel de culture du palétuvier en pépinière, un code de pratiques pour l'exploitation des mangroves et du matériel éducatif. Une page facebook a également été développée.
  • Un Centre de visiteurs de la mangrove, qui accueille 3 000 étudiants par an et 200 autres visiteurs chaque mois a été mis en place. Ce centre devient un lieu habituel pour certains événements annuels tels que les reconstitutions de la culture amérindienne ou le week-end de la mode du Guyana.
  • La télévision nationale a diffusé une «chanson de la mangrove» et une campagne expliquant les multiples avantages de la mangrove. Un documentaire sur la mangrove intitulé «Contenir la mer Â» a été produit et diffusé par la chaîne éducative du Guyana».  Ce documentaire ciblait essentiellement les écoles primaires.  Un manuel de ressources sur les mangroves à l'usage des enseignants a également été produit, approuvé par le Ministère de l’éducation et est maintenant intégré au programme d’étude de l’enseignement secondaire. La Commission des programmes scolaires du Ministère de l'éducation a été contactée pour souligner l'importance des mangroves et du changement climatique dans les futurs programmes d’études.
  • Cinq publications scientifiques ont été finalisées en collaboration avec l'Université du Guyana, et 12 nouvelles bourses de recherche ont été octroyées. Des travaux de recherche sur les digues et les communautés côtières sont actuellement menés par un étudiant de l'Université de Californie dans le cadre d’une thèse de doctorat, tandis que d’autres travaux de recherche ont été finalisés par un étudiant du Royaume-Uni.
  • Le premier «Guyana Mangrove Forum», intitulé «Restaurer et gérer les mangroves dans un monde en évolution», a été organisé à Georgetown du 11 au 14 avril 2013 pour améliorer la perception publique de la valeur des mangroves et créer des liens entre les chercheurs guyanais et régionaux.

Une vidéo (en anglais) montrant certaines des réalisations du projet est disponible ici.



Challenges and lessons learned
  • La composante d'assistance technique aurait dû être mise en place plus tôt dans le calendrier du projet, car l'expertise technique spécialisée disponible localement est limitée.
  • Il est crucial d'effectuer une analyse approfondie des sites pilotes, en mettant l'accent sur d’importants travaux préparatoires à réaliser tels que la collecte d'informations sur la force des vagues, l'élévation du niveau de la vase, l'hydrologie et les activités côtières. Ces travaux préparatoires sont nécessaires pour assurer la réussite de la phase de plantation, car les plants de palétuviers sont très sensibles à l'érosion et à l'action des vagues. Il importe en particulier de comprendre les processus hydrologiques avant de poursuivre la plantation, comme le préconise l’approche de «réhabilitation écologique des mangroves». 
  • Les observations effectuées indiquent que la mise en place de structures solides (enrochement) augmente la sédimentation et favorise la régénération naturelle, ce qui souligne l'importance de la composante d’appui à la construction d’infrastructures (murs de protection et brise-lames). Idéalement, cette composante aurait donc dû être mise en Å“uvre avant la phase de plantation.
  • À juste titre, le projet a attaché une grande importance à l'implication des communautés et à la constitution d’un réseau de gardes forestiers en charge des mangroves au sein de celles-ci. Il a ainsi contribué à la conservation des bouquets de mangroves existants, à l’identification des menaces et à la régénération naturelle des mangroves dans de vastes zones.
  • L’utilisation de la modalité d’appui budgétaire a permis de créer de nouveaux arrangements institutionnels ainsi qu’une nouvelle ligne budgétaire dans le système national. Ceci ouvre de nouvelles possibilités en termes d’éventuels futurs financements externes en appui aux efforts nationaux liés aux questions de changement climatique.
  • Le projet comporte bon nombre de composantes qui sont pertinentes pour les processus post-2015 et Rio +. En effet, ces composantes associent appui budgétaire et développement durable (économie verte, atténuation du changement climatique) ainsi que responsabilisation des femmes.