Au-delà du tourisme : aider les habitants et la nature des Maldives à s’épanouir

 

Addu Nature Park, la journée s’annonce splendide aujourd’hui. Le ciel est bleu, il fait chaud et humide. Bien que la saison des migrations soit terminée, on entend distinctement les cris de la poule d’eau et de la grue – des espèces locales – au-dessus des eaux du parc, une des plus grandes zones protégées des Maldives.  

 

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GCCA+ Adaptation to Climate Change in Maldives (Addu Nature Park) @Ali Nishan/Climate Tracker

 

Véritable paradis de la biodiversité, avec pas moins de 28 espèces d’oiseaux entre autres, l’Addu Nature Park se compose en fait des zones protégées d’Eedhigali Kilhi et de Koattey (qui signifie « forteresse » en dhivehi, la langue locale). Avec une superficie de 570 hectares, Koattey est la plus grande zone protégée de ce type aux Maldives. C’est là que les oiseaux migrateurs viennent se reposer et reprendre des forces lorsqu’il fait froid.

 

Mais les oiseaux ne sont pas les seuls à profiter de ce site. Le parc génère aussi des moyens de subsistance indispensables à de nombreux membres de la communauté locale. Hussan Abdulla, 76 ans, est l’un des ramasseurs de noix de coco agréés. Tous les matins, il se rend dans le parc pour y ramasser les noix tombées des cocotiers. De retour chez lui, il les décortique et va ensuite les vendre dans les magasins locaux.

 

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Coconut Husking and Collection

Cela fait six ans maintenant que je ramasse des noix de coco dans le parc. Cette activité me permet de subvenir à mes besoins quotidiens. Et faire le trajet jusqu’au parc m’aide à rester actif, malgré mon âge ! "

-Hussan Abdulla

 

 

 

 

Les Maldives sont depuis longtemps emblématiques de l’action climatique – tout le monde se rappelle du conseil des ministres réuni sous l’eau par l’ex-président de l’archipel Mohamed Nasheed pour attirer l’attention sur le réchauffement climatique. C’était il y a dix ans. Cette nation insulaire, surtout connue pour ses plages de sable blanc, ses atolls bordés de palmiers et ses luxueux complexes de vacances, est menacée d’être rayée de la carte à cause de l’élévation du niveau de la mer. L’archipel est l’un des pays du monde à la plus basse altitude – plus de 80 pour cent de son territoire « culmine » à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer. Ses quelque 530 000 habitants sont donc particulièrement exposés aux tempêtes, à la houle et aux phénomènes météorologiques extrêmes. 

 

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GCCA+ Adaptation to Climate Change in Maldives (Farming) @Ali Nishan/Climate Tracker

 

Autant d’éléments qui montrent à quel point il est urgent de prendre des mesures d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. Les terres situées à l’intérieur de l’Addu Nature Park sont louées aux communautés locales, à charge pour elles de les cultiver dans le respect de l’environnement, selon des techniques traditionnelles ou modernes. Les agriculteurs y cultivent des margoses, des piments, des poivrons, des concombres, des melons cantaloup et des courges butternut. Une partie du produit de ces ventes est redistribuée à la communauté. 

 

Pendant ce temps-là, sur la côte est de l'atoll d'Addu, des habitants trient les déchets apportés par les membres de la communauté au centre de gestion des déchets de Hulhumeedhoo. Le plastique y est déchiqueté pour être exporté, les bouteilles en verre sont broyées en petits morceaux et mélangées ensuite à du béton, tandis que les feuilles, les déchets alimentaires et autres matières organiques sont compostés et revendus aux agriculteurs qui utiliseront cet engrais sur pour leurs cultures.

 

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GCCA+ Adaptation to Climate Change in Maldives @Ali Nishan/Climate Tracker

 

Le projet de gestion des déchets de l’atoll d’Addu est mené dans le cadre de l’AMCC+, l’initiative-phare de lutte contre le changement climatique de l’UE. L’actuel projet – qui constitue le prolongement d’un autre projet de l’AMCC+ de conservation des terres basses et de surveillance des récifs coralliens pour la période 2009-2015 et co-financé par l’UE à concurrence de 6,5 millions d’euros –, entend promouvoir l’écotourisme et la protection environnementale au sud des Maldives. Il bénéficie d’une enveloppe de 4 millions d’euros.  

 

 

Le tourisme est le moteur de l’économie des Maldives. Le défi consiste aujourd’hui à transformer ce secteur pour en faire une activité plus respectueuse de l’environnement. L’atoll d'Addu attire des touristes de l’archipel et du monde entier, séduits par ses lacs, ses mangroves, ses pistes cyclables à travers des paysages idylliques. La région de la baie de Behdi, célèbre pour ses mangroves rouges, ses bébés-raies et ses requins, est un autre point d’attraction des Maldives. Saheema y vient souvent avec ses deux enfants. 

 

Depuis que le parc naturel a été créé, le site est beaucoup plus agréable et plus propre. Nous l’aimons beaucoup et venons souvent pour y faire du snorkeling. Je suis fière qu’il y ait un aussi bel endroit sur mon île.

- Saheema

Mangroves
GCCA+ Adaptation to Climate Change in Maldives (Addu Nature Park) @Ali Nishan/Climate Tracker