Imagerie aérienne numérique aux Comores: anticiper les risques liés au changement climatique

 

L’archipel des Comores se situe dans l’océan Indien, au large du Mozambique. Les cyclones et autres phénomènes météorologiques extrêmes liés aux changements climatiques, toujours plus fréquents et intenses, endommagent les infrastructures publiques, sociales et entrepreneuriales, les habitants les plus pauvres des bidonvilles payant ici le plus lourd tribut.

Le gouvernement, qui s’est fixé comme objectif de devenir un pays émergent d’ici à 2030, commence à peine à réaliser qu’il doit identifier et quantifier avec plus de précision les risques futurs pour planifier un développement harmonieux, équilibré dans le temps et l’espace.

Fin 2018, le pays a fait l’objet d’une campagne de photographies aériennes dans le cadre du programme d’appui de l’Alliance mondiale contre le changement climatique (AMCC) à l’Union des Comores pour le renforcement de la résilience au changement climatique. Cette campagne a produit un ensemble d’images orthorectifiées de haute résolution, avec des modèles numériques de surface couvrant la quasi-totalité du territoire terrestre et maritime du pays. Ces photos, d’une précision sans précédent (résolution de 10 cm, contre près de 10 m pour les images satellitaires), fournissent une carte plus détaillée de la surface, depuis les bâtiments, routes, chemins et autres infrastructures jusqu’aux récifs, mangroves, bassins versants et autres éléments géomorphologiques qui offrent une protection contre les risques climatiques ou qui en augmentent la gravité.

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Les images aériennes ont permis d'élaborer la toute première série cohérente de données pour les trois îles (Grande Comore, Anjouan et Mohéli) avec des calculs documentés. Ainsi, la superficie des mangroves sur l’île de Grande Comore a été ajustée, de 3 à 87 ha, tandis que celle du récif corallien de Mohéli a été revue à la baisse, de 18 400 ha à 3 917 ha et 25 m de côte ont été perdues en 15 années.

Les images et les données ont également été utilisées pour produire de nouvelles cartes des habitations, des infrastructures essentielles et des réseaux de communication, avec l’identification de leur vulnérabilité à différents risques tels que l’élévation du niveau de la mer, les inondations et l’érosion côtière. Des cartes des habitations ont été réalisées dans 23 zones pilotes par plus de 40 agents de divers secteurs qui ont reçu une formation sur l’utilisation des systèmes d’information géographique (SIG).

 

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Erosion côtière @AMCC+

 

« Ces images seront extrêmement utiles à tous les secteurs clés pour le développement des Comores au cours des 25 prochaines années, »  

- Dr Anwar Maeva, chargé de cours sur les SIG et la télédétection, qui les utilise lui-même dans ses recherches sur les inondations à Hambou  et à Bambao, deux zones très exposées de Grande Comore.

Pour éviter que les utilisateurs potentiels aient à introduire une demande d’accès auprès des institutions qui conservent ces images, celles-ci ont été délibérément publiées en format open source. Les nouvelles cartes des risques pourraient jouer un rôle essentiel dans l’appui aux efforts nationaux de planification et d’amélioration de la gestion des risques de catastrophe.