Les Comores : une agriculture axée sur l’avenir

 

Les touristes sont peu nombreux à fouler les plages des Comores, mais ceux qui s’y rendent y découvrent un spectacle étrange : les plages volcaniques des Comores sont parsemées de rochers géants et ponctuées de cratères.

comorosÀ l’inverse du littoral des autres îles de l’océan Indien telles que les Seychelles ou l’île Maurice, réputées pour leur beauté, les plages volcaniques des Comores, et tout particulièrement celles de l’île d’Anjouan, sont parsemées de rochers géants et ponctuées de cratères.

Regardez-y de plus près et vous trouverez la cause de ces grands trous : plusieurs groupes d’hommes sont en train de creuser le sable et de l’emporter dans des sacs.

« Ces hommes volent le sable de la plage pour le revendre en tant que matériau de construction », explique Mohamed Moussa, qui travaille comme conseiller agricole à Anjouan. « C’est illégal, mais ils disent ne pas avoir d’autre choix pour gagner de l’argent. L’ironie veut que ces mêmes personnes soient des agriculteurs qui possèdent des champs situés non loin de la plage, mais ils ne savent tout simplement pas comment les exploiter pour gagner leur vie. »

À l’instar des agriculteurs de nombreux autres petits États insulaires en développement (PEID), les creuseurs de sable des plages d’Anjouan doivent lutter pour gagner leur vie grâce à la terre. Leur combat est aujourd’hui d’autant plus difficile à cause des impacts du changement climatique : sécheresse, inondations, conditions météorologiques extrêmes, érosion côtière.

« Il ne pleut pas, du coup nous n’avons pas d’eau puisque le canal d’irrigation qui nous amène l’eau de pluie s’est tari. Nous sommes nombreux à posséder des terres, mais il n’y a pas d’eau, donc la terre ne nous sert à rien », déclare Sendoubera, père de deux enfants et maraîcher qui possède ses propres cultures, notamment d’oignons et de tomates, qu’il vend dans la ville locale ou qu’il exporte vers l’île principale. « Pour la plupart, nous avons appris le métier d’agriculteur auprès de nos parents et grands-parents, mais le climat a changé et nous devons évoluer avec lui. »

Sendoubera est l’un des agriculteurs bénéficiant d’un projet de formation financé par l’AMCC+, dans le cadre d’un programme d’investissement de 3 millions € aux Comores. Les agriculteurs sont formés afin de pouvoir s’adapter à la nouvelle réalité du changement climatique grâce au recours à de nouvelles techniques.

« Nous prévoyons une irrigation au goutte-à-goutte afin de prolonger la saison de culture des légumes au profit des agriculteurs », poursuit Mohamed. « Nous leur fournissons aussi des équipements qu’ils ne seraient pas en mesure de s’acheter, et nous les aidons à installer des clôtures autour de leurs champs afin de contenir l’érosion du sol. »

« Avant, le sol était pauvre et nous ne pouvions en tirer aucun profit », ajoute Mirhane Hassane, l’un des agriculteurs bénéficiaires du programme de formation. « Mais cette aide nous permet d’évoluer et de devenir plus autonomes. »

D’autres agriculteurs découvrent l’agriculture biologique et plantent des variétés plus résistantes aux conditions météorologiques extrêmes. Les propriétaires de bétail sont invités à laisser paître leurs animaux sur les espaces reboisés, produisant ainsi du fumier qui pourra être utilisé sur les champs.

En persuadant les agriculteurs de quitter les plages et de retourner au champ, nous obtenons un avantage supplémentaire. « L’un des principaux problèmes sur l’île d’Anjouan est l’érosion côtière », affirme Ali M Mohamed, directeur des projets de l’AMCC+ aux Comores. Le niveau de la mer monte et l’eau emporte la terre. Plusieurs routes de l’île ont été endommagées et, bien sûr, les trous creusés sur les plages n’arrangent pas le problème. »

« Les projets de l’AMCC+ aux Comores ont été mis sur pied pour venir en aide aux communautés les plus vulnérables en termes d’utilisation de la terre et de panification de la protection de l’environnement. Nous serons alors mieux préparés et plus à même de faire face aux conséquences du changement climatique, comme les inondations », poursuit-il.

« Nous avons confiance dans le fait que la situation s’améliorera avec le temps, mais il faut commencer par la sensibilisation, le changement des attitudes et la mise à disposition de nouvelles solutions afin d’assurer des conditions de vie correctes et plus de résilience. »

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Video: https://www.youtube.com/watch?v=-t12QKTj-Wg