Tanzania: Climate-smart agriculture in five ecovillages

 

Qu’entend-on par « intelligence face au climat en Afrique » ? Dans le cadre du projet de l’Alliance mondiale contre le changement climatique (AMCC) en Tanzanie, financé par l’UE, une approche d’écovillage a été mise en œuvre en deux phases (2010–2013 et 2015-2019). L’objectif général est ici d’aider les communautés à devenir « climato-intelligentes » dans un contexte marqué par des précipitations de plus en plus irrégulières et imprévisibles. À cette fin, de nombreuses et diverses mesures climato-intelligentes ont été introduites, notamment dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage. Le projet visait également à inciter les communautés à limiter leur dépendance à l’égard de l’agriculture pluviale et à se lancer dans d’autres activités génératrices de revenus, notamment la création de petites entreprises respectueuses de l’environnement.

 

dodoma

 

Cinq projets d’écovillages situés dans différentes zones agro-écologiques de Tanzanie ont été lancés dans le but de renforcer la résilience face au changement climatique et de réduire la pauvreté au sein des communautés. De très nombreuses activités y ont été organisées : formation des agriculteurs à la conservation de l’eau et la prévention de l’érosion des sols par l’aménagement de terrasses dans les exploitations en pente, à utilisation d’engrais biologiques (par exemple le lisier de ferme), à la rotation des cultures, aux cultures intercalaires, à la construction de fourneaux économes en énergie, à la gestion des ressources naturelles et au respect de la réglementation sur la conservation des ressources en eau, entre autres.

Toutefois, étant donné la diversité des paysages (régions semi-arides, forêts tropicales, petites îles et steppe masaï) et les participants au projet (agriculteurs et éleveurs), chaque projet a engrangé des résultats uniques et donc différents.

« L’agriculture climato-intelligente se fonde sur une approche intégrée qui, en définitive, contribue à améliorer la sécurité alimentaire dans le contexte du changement climatique, »

- Sylvester Mziray, responsable adjoint de l’agriculture dans le district de Muheza qui a coopéré au projet à East Usambara, dans l’est de la Tanzanie.

M. Mziray a promu les « cultures à croissance rapide », notamment le maïs et les haricots qui sont résistants aux ravageurs et aux maladies et jouent ainsi un rôle dans l’amélioration de la sécurité alimentaire. Ces cultures sont associées aux girofliers et aux canneliers. Le poivrier noir est utilisé ici comme culture intercalaire, tandis que la cardamome, qui a besoin d’énormément d’ombre, est cultivée sous les arbres. Cette approche intégrée permet de créer les puits de carbone nécessaires à la protection de l’environnement. Les agriculteurs ont également été formés à la manipulation post-récolte et utilisent désormais des sacs de conservation, et non des produits chimiques, pour stocker en toute sécurité les récoltes pendant trois à cinq ans. Ils peuvent ainsi se préparer à de futures sécheresses.

Tanzania
@GCCA EU

« Mais à elle seule, l’agriculture climato-intelligente ne suffit pas. L’expérience de l’AMCC en Tanzanie a montré qu’en cas de sécheresse extrême, même les semences tolérantes à la sécheresse et les autres pratiques agricoles intelligentes ne garantiront pas des rendements suffisants. D’autres mesures sont donc nécessaires pour aider les ménages à réduire leur dépendance à l’égard de l’agriculture pluviale, »

- Joss Swennenhuis, expert de l’AMCC en Tanzanie. 

Les activités génératrices de revenus, notamment le tannage du cuir, l’élevage et l’apiculture, et la création de groupes villageois d’épargne et de prêt pour la création de petites entreprises sont également essentielles pour renforcer la résilience des habitants au changement climatique et faire de leurs villages des écovillages climato-intelligents.